Partager l'article ! Rétrospective - Les 20 meilleurs films de la décennie 2000-2009: Au moment de se retourner sur les meilleurs films de l'année 2009, force est de co ...
Once upon a time in Cinema
7. La Vie moderne, de Raymond Depardon (2008)
Ou comment Raymond Depardon prouve que le documentaire peut procurer autant d'émotion, voire plus, que la fiction.
Le photographe et cinéaste promène son regard humaniste et généreux sur la condition des paysans. Mélancolie et atmosphère de fin de règne imprègnent les images. En même temps, c'est la passion
qui anime les héros de Depardon qui transperce et balaie tout sur son passage. Car le cinéaste élève véritablement ses agriculteurs au rang de personnages. C'est la grande force de cet
objet filmique extraordinaire, magnifié par la musique de Gabriel Fauré. On n'oublie jamais Raymond Privat ou Germaine Challaye...
Avec en point de chute la tuerie de Columbine, Gus Van Sant signe un chef-d'oeuvre poétique sur l'adolescence. Lents travellings le long des couloirs du lycée, caméra toujours au plus près de ces lycéens. On glisse, on flotte, on vit l'une des plus incroyables expériences de cinéma de la décennie. Jusqu'au dénouement, brutal. Gus Van Sant choisit de ne pas expliquer les origines du mal. Un véritable choc cinématographique (qui changea ma façon de voir le cinéma).
4. Les Climats, de Nuri Bilge Ceylan (2007)
Autopsie de l'effritement d'un couple au fil des saisons. Photographe autant que cinéaste, Nuri Bilge Ceylan nous livre
des plans séquence à la beauté sidérante. Un film contemplatif et mélancolique qui fait appel à nos sens plus qu'à notre intellect. Extraordinaire utilisation de la bande son. Une larme qui coule
subrepticement sur le visage d'Isa, la neige qui tombe sur une région montagneuse turque, tous les plans sont d'une beauté à couper le souffle. A la manière d'un peintre, c'est par petites
touches que le cinéaste turc présente et fait percevoir ses personnages. L'expérience sensorielle de la décennie. Une autre manière de faire du cinéma.
3. There Will be Blood, de Paul Thomas Anderson (2008)
Paul Thomas Anderson s'attache avec ce film magistral à réprésenter l'affrontement de deux ambitions
incontrôlables : celle d'un magnat du pétrole et celle d'un gourou religieux. Peut-être les 20 premières minutes muettes les plus stupéfiantes de l'histoire du cinéma! La bande originale de
la décennie. Maîtrise totale du récit, violent et fascinant. Une obsession récurrente chez le cinéaste : la cellule familiale qui explose. Daniel Day-Lewis est l'acteur incontournable de la
décennie : Gangs of New York, The Ballad of Jack and Rose, et ici There Will be Blood. Il a sa place parmi les plus grands.
2. Valse avec Bachir, de Ari Folman (2008)
Film événement de l'année 2008, injustement ignoré lors du Festival de Cannes, Valse avec Bachir est un OVNI
dans l'histoire du cinéma. A travers un documentaire d'animation, le cinéaste israélien propose une réflexion passionnante sur la mémoire. Onirique et brutal, poétique et réaliste, Ari
Folman nous projette au coeur de la mémoire en reconstruction de son personnage. Bande originale sublime. L'esthétique, parfaite, est au service de l'émotion, incommensurable. Un
chef-d'oeuvre absolu! Assurément la plus belle émotion de cinéma de la décennie!
1. The Yards, de James Gray (2000)
Qui d'autre que James Gray pouvait trôner au sommet de ce Top 20 des films de la décennie? The Yards est
certainement son meilleur film. Un sens de la construction dramatique inégalé, une utilisation millimétrée des mouvements de caméra et du langage cinématographique. Avec James Gray,
chaque plan a un sens. Chacun de ses films est une définition du cinéma. Et c'est, avec Paul Thomas Anderson, le cinéaste qui sait marier avec génie l'exigence d'un auteur, une vision
du monde, à un cinéma capable de plaire au plus grand nombre. Avec The Yards, il se révèle comme le digne successeur des Coppola et Scorsese des années 70. Enfin, il forme avec Joaquin
Phoenix le duo réalisateur/acteur le plus fécond de la décennie.
On distingue clairement dans mes 10 meilleurs films de la décennie, trois catégories.
On retrouve d'abord des films expérimentaux qui déstructurent le récit, initiés par le choc Mulholland Drive en 2001, et prolongés par Elephant, voire même Eternal Sunshine
of the Spotless Mind et Les Climats. Des expériences sensorielles fascinantes.
De l'autre côté, on retrouve des cinéastes qui développent une telle maîtrise dans l'art de la mise en scène que la forme a priori classique de leurs films nourrit malgré tout une vision du
monde. Et puis rien n'est plus difficile que de marquer les esprits avec ces films dont l'originalité n'est pas évidente au départ. On peut classer ici The Yards, There Will be
Blood, Magnolia et l'animé Voyage de Chihiro.
Enfin, apparaît une troisième catégorie, celle qui correspond à une des tendances lourdes de la décennie : l'éclatement des
frontières entre documentaire et fiction. Cela a produit certaines des oeuvres les plus émouvantes de la décennie : Valse avec Bachir, L'Emploi du temps et La Vie
moderne.
A noter la présence de deux films d'animation dans cette liste : Valse avec Bachir et Le Voyage de Chihiro.
D'autres films et cinéastes auraient mérité de figurer dans ce Top 20 : Spike Lee pour La 25e heure, David Fincher pour Zodiac, ou encore Hirokazu Kore-Eda pour Nobody
Knows. Le choix a été particulièrement difficile.
Et vous, quels sont vos meilleurs films de la décennie 2000/2009? Vous pouvez me proposer votre liste de 10 ou 20 films en commentaire de cet article, ou me les envoyer à l'adresse
guillaume_saki@hotmail.fr
Si j'en reçois suffisamment, j'établirai un Top 10 (ou 20) des lecteurs de ce blog.
Drive, de Nicolas Winding Refn - Sortie le 5 octobre 2011
Nicolas Winding Refn, réalisateur danois remarqué, signe un polar stylisé dans les rues de Los Angeles, à la fois romance flottante entre deux âmes égarées, et polar à la violence brute, efficace et millimétré. Le tout porté par un personnage minéral, sec, taiseux, nouvelle figure du héros du XXIe siècle (impérial Ryan Gosling). Grande réussite !
Le Skylab, de Julie Delpy - Sortie le 5 octobre 2011
L'Ombre de la Guerre - Maison Européenne de la Photographie - Du 29 juin au 25 septembre
2011
Jane Evelyn Atwood "Photographies 1976-2010" - Maison Européenne de la Photographie - Du 29 juin au
25 septembre 2011
Xavier Lambours "XL" - Maison Européenne de la Photographie - Du 29 juin au 25 septembre 2011
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