Partager l'article ! Actualité - Drive - Réal. : Nicolas Winding Refn - USA - Sortie le 05/10/2011 - Note : 4/5: Plus un sujet est banal, plus le r ...
Once upon a time in Cinema
Plus un sujet est banal, plus le réalisateur doit le transfigurer par son point de vue, sa mise en scène, son style. Et la réussite de Drive est effectivement d'abord et avant tout affaire de style. Nicolas Winding Refn, réalisateur danois déjà très remarqué par les critiques du monde entier, signe un polar stylisé dans les rues de Los Angeles, à la fois romance flottante entre deux âmes égarées, et polar à la violence brute, efficace et millimétré. Le tout porté par un personnage minéral, sec, taiseux, nouvelle figure du héros du XXIe siècle.
Un homme solitaire, cascadeur pour le cinéma le jour et chauffeur pour braqueurs la nuit, tombe amoureux de sa voisine dont le mari, qui s'apprête à sortir de prison, traîne une dette envers des mafieux qui veulent le faire payer et menacent de s'attaquer à sa famille. Face au danger qui menace celle qu'il aime, il décide d'aider son mari pour un dernier braquage... Mais l'affaire tourne mal...
La première séquence du film est un régal d'action millimétrée. Une course-poursuite de haute volée, filmée telle un jeu vidéo, qui se termine comme une évidence dans le parking d'un stade. Une casquette des Dodgers vissée sur la tête, notre héros s'éloigne nonchalamment, témoignant d'une maîtrise parfaite (même si sur un fil) de chaque étape de son travail. Maîtrise de soi, maîtrise de la mise en scène.
Première séquence trompeuse... Car dès lors, le réalisateur s'emploie à détourner son récit, et peut-être à décevoir les attentes de ses spectateurs. C'est tout le prix de ce film si spécial et si beau. La mécanique de la première séquence laisse place à un soudain changement de rythme. Utilisation du ralenti, musique électro planante, travellings avant, arrière, circulaires, tous les éléments de mise en scène plongent notre héros taiseux dans une atmosphère cotonneuse qui perdurera jusqu'à la fin du film. Sa romance avec sa voisine prend ainsi la forme d'une rêverie planante. Elle avance lentement, nonchalamment. Les deux personnages se parlent à peine, les échanges de regard se suffsent à eux-mêmes.
Une romance flottante qui trouve son point d'acmé dans une scène d'ascenseur qui deviendra à coup sûr un classique. L'expression de l'amour le plus pur est suivie de façon brutale d'un déchaînement de violence sanguinaire digne d'un film de Martin Scorsese. La rupture de ton provoque un effet glaçant. La porte de l'ascenseur se referme et sépare à jamais les deux amants. Magistral !
Au-delà de la réussite singulière du film, Nicolas Winding Refn dessine ainsi une nouvelle figure de héros, de justicier (Ryan Gosling, minéral). A la fois flottant et déterminé, nonchalant et violent, taiseux et sentimental. En un mot, complexe. Un héros de notre temps.
Les références (notamment Taxi Driver) sont assimilées, Nicolas Winding Refn va même bien au-delà et invente une nouvelle manière. Un nouveau Scorsese, stylisé et ultra-violent, mais
vaporeux, sous tranquillisants.
Drive, de Nicolas Winding Refn - Sortie le 5 octobre 2011
Nicolas Winding Refn, réalisateur danois remarqué, signe un polar stylisé dans les rues de Los Angeles, à la fois romance flottante entre deux âmes égarées, et polar à la violence brute, efficace et millimétré. Le tout porté par un personnage minéral, sec, taiseux, nouvelle figure du héros du XXIe siècle (impérial Ryan Gosling). Grande réussite !
Le Skylab, de Julie Delpy - Sortie le 5 octobre 2011
L'Ombre de la Guerre - Maison Européenne de la Photographie - Du 29 juin au 25 septembre
2011
Jane Evelyn Atwood "Photographies 1976-2010" - Maison Européenne de la Photographie - Du 29 juin au
25 septembre 2011
Xavier Lambours "XL" - Maison Européenne de la Photographie - Du 29 juin au 25 septembre 2011
Derniers Commentaires