Partager l'article ! Actualité (brèves) - Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu, de Woody Allen - Buried, de Rodrigo Cortes - Another Year, de Mike Leigh: ...
Once upon a time in Cinema
"On nait seul et on meurt seul !" Au fil des quatre saisons, Mike Leigh observe le quotidien de soixantenaires appartenant à la classe moyenne britannique. On se désinteresse assez vite de Tom et Gerry, couple heureux, pour se concentrer sur les solitaires et dépressifs qui gravitent autour d'eux. Mike Leigh dessine, à mesure qu'avance le film, le portrait en creux de personnages qui, brisés par la vie, cherchent à tout prix à faire bonne figure sans jamais y parvenir. Un sens du tragique symbolisé par un dernier travelling panoté déchirant : peut-être le plan le plus signifiant et émouvant de l'année !
Pour les amateurs de sensations fortes, le film de l'année ! Rodrigo Cortes maintient le spectateur sous tension pendant 95 minutes sidérantes ! Parti-pris radical : la caméra ne sort jamais de ce satané cercueil ! Le spectateur étouffe, suffoque, panique tout autant que le personnage principal, jusqu'à un dénouement absurde et hallucinant d'intensité dont on ressort tétanisé ! Claustros, s'abstenir ! Quelques reproches néanmoins : une musique un peu trop présente, et des effets à la Blair Witch un peu pompiers... Quoi qu'il en soit, la sensation horrifique de l'année !
Comme souvent, sous ses dehors de comédie (réussie), Woody Allen nous offre un nouveau film à la noirceur vénéneuse, sur la difficulté de trouver le bonheur. Ses multiples personnages prennent conscience de ce qu'ils veulent vraiment, une fois qu'ils l'ont perdu. Entre illusions et renoncements, noir c'est noir !
Drive, de Nicolas Winding Refn - Sortie le 5 octobre 2011
Nicolas Winding Refn, réalisateur danois remarqué, signe un polar stylisé dans les rues de Los Angeles, à la fois romance flottante entre deux âmes égarées, et polar à la violence brute, efficace et millimétré. Le tout porté par un personnage minéral, sec, taiseux, nouvelle figure du héros du XXIe siècle (impérial Ryan Gosling). Grande réussite !
Le Skylab, de Julie Delpy - Sortie le 5 octobre 2011
L'Ombre de la Guerre - Maison Européenne de la Photographie - Du 29 juin au 25 septembre
2011
Jane Evelyn Atwood "Photographies 1976-2010" - Maison Européenne de la Photographie - Du 29 juin au
25 septembre 2011
Xavier Lambours "XL" - Maison Européenne de la Photographie - Du 29 juin au 25 septembre 2011
La fin est effectivement absurde et complétement décalé vs la situation "I'm sorry Paul, he led us to Mark White, I'm so sorry Paul".
Mais ce film n'est pour moi ni sidérant, ni tétanisant, ni hallucinant d'intensité (et encore moins la fin la fin, j'aurais imaginé 1000 autres fins mais surtout pas celle là, qui est d'une banalité, d'une gratuité et d'une inutilité affligeante).
Bref, j'aurai oublié ce film dans quelques jours (j'ai déjà commencé d'ailleurs...)
@+
"Buried" n'est pas le film de l'année, c'est certain. Mais dans son genre, je le trouve plutôt réussi et efficace. Figurera-t-il dans mon TOP 10 des films de l'année? A voir...
A vrai dire, je ne voulais pas spécialement le voir au cinéma et aurais attendu éventuellement une sortie en DVD et c'est (à cause de?) grâce à ton "jusqu'à un dénouement absurde et hallucinant d'intensité dont on ressort tétanisé !" que j'ai changé d'avis et ai profité de la dernière séance aux Halles (lundi 17.01).
Effectivement, on peut trouver aux films quelques qualités, le réalisateur a le mérite d'œuvrer d'un point de vue original et dans un référentiel peu usuel (nous en avons bien besoin pour ce type de film usé, rodé et ultra exploité) et de faire passer un message (quelques critiques bien placées: ex les plate-formes téléphoniques marketing et les messages vocaux plutôt ridicules en décalage complet vs sa situation).
En tout état de cause, je persiste: dans mon cas le dénouement (sur le fond ET sur la forme) annihile dramatiquement et clairement la totalité du film (et surtout cette dernière réplique scandaleusement ridicule). Mais l'accent britannique (voulu par le réalisateur?) guindé et indigeste du Dan Brenner doit y être pour beaucoup...
Concernant la question, je dois avouer que dans ce style j'en ai peu vu (mais l'année 2010 a-t-elle été prolifique et fertile pour ce genre de film? Pas si sûr...)
Amicalement
Luocine